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O.A.K. Jerry Cutillo “Giordano Bruno” – Koid9 interview to Jerry Cutillo (october 2018) by Cousin Hub

Le Chêne et le Roseau

Une discussion passionnante avec Jerry Cutillo, artiste flûté et leader de O.A.K. par Cousin Hub.                                                                                                                                 La découverte du concept-album Giordano Bruno, chef d’œuvre de prog symphonique italien paru début 2018 et chroniqué dans notre précédent numéro, nous a donné l’envie de passer son créateur -qui ne manque pas d’humour- à la question.

 Vous avez une longue carrière de compositeur et de musicien en Italie, mais nous ne vous connaissons pas très bien en France. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?                                                                                                                                                                                                                                                                            Bonjour à tous, je suis Jerry Cutillo. On me dit chanteur, compositeur et multi-instrumentiste. Au début des années 70, lorsque j’ai commencé à étudier la musique, j’ai débuté sur un orgue de console ELKA. Peut-être ai-je hérité d’une bonne oreille musicale, simultanément à mes études universitaires, j’ai décroché du mur la guitare acoustique de ma sœur et vendu mon vélo pour m’acheter une flûte d’occasion ? Ainsi, un multi-instrumentiste de tout premier ordre était né (rires). Ma première expérience musicale professionnelle eut lieu à l’âge de quinze ans lorsque j’ai été remarqué par un gourou évanescent -en fait une ex-star de la pop- qui sillonnait le pays à la recherche de concerts. Le groupe s’appelait Albergo Intergalattico Spaziale et la musique que nous jouions était pour moi une expérience hallucinante. Puis, à la fin des années 70, je me suis coupé les cheveux, je les ai teints en rouge et je suis parti à l’assaut punk de Londres ! Le changement était dans l’air… Lorsque je suis sorti d’un magasin de disques à King’s Road, en tenant Stormwatch de Jethro Tull sous le bras, j’ai ressenti une certaine gêne ! Je me souviens alors d’avoir échangé mon clavier contre une guitare électrique et un ampli, et commencé à gratter ma main droite sur les cordes de guitare. J’ai écumé un certain nombre de groupes et de nombreuses chansons ont été écrites (dont certaines ont même trouvé refuge sur mon dernier album… plus de quarante ans après !). Plus tard, lorsque mon anglais est devenu suffisamment compréhensible, j’ai commencé à chanter, prétendant être le leader de tous les groupes avec lesquels je travaillais. Un autre chapitre a été écrit au milieu des années quatre-vingt, lorsque je me suis retrouvé à la tête des charts européens avec quelques tubes. J’ai paniqué ! Moi, un jeune artiste, confronté à un énorme succès international. Sous le pseudo de Moses (vous pouvez voir des vidéos sur YouTube. Attention, c’est abominable. NDR), j’ai obtenu un disque d’argent avec le tube « We Just ». Le succès commercial n’a pas changé ma vie ou ma façon de penser, cela m’a plutôt sensibilisé à la manière dont l’industrie musicale pouvait manipuler l’esprit des gens. Même maintenant, en me référant à cette époque, je ressens une sorte de nausée. J’ai formé OAK en septembre 1993. Au départ, nous étions un groupe axé sur des compositions originales, mais nous sommes toutefois progressivement devenu un groupe de reprises. Le Palladium était un lieu bien connu en ville où Radio Rock faisait la promotion de Tributes le samedi. La seule reprise que nous avions dans le répertoire était « My Sunday Feeling » de Jethro Tull, donc pour réserver un concert, nous avons ajouté quelques chansons de Ian Anderson sur notre setlist et enregistré une démo. Nous avons réussi et Radio Rock nous a signés. Le concert que nous avons donné a eu un très bon retour et le public a semblé apprécier le spectacle. Mais nous avions désobéi aux règles imposées par l’équipe parce que nous avions en fait joué quelques autres chansons. Après le spectacle, ils m’ont appelé au bureau et je me suis dit « On va déguster ». Paradoxalement, ils ont montré de l’intérêt et nous ont invités pour une émission de radio acoustique et une interview. À partir de ce moment-là, j’ai continué à travailler avec les trois musiciens du groupe, en interprétant des spectacles en compagnie de Glenn Cornick, Clive Bunker, Barriemore Barlow, Dave Pegg, Gerry Conway, Maartin Allcock et Jonathan Noyce. J’ai donné des concerts dans le monde entier avec les chanteurs de gorge Sainkho Namtchylak et Choduraa Tumat, et j’ai écrit et enregistré de nouveaux morceaux pour des albums avec David Jackson, Richard Sinclair, Sonja Kristina et bien d’autres.

 Vous êtes le cerveau du projet OAK. Pourquoi ce nom compliqué ? Qu’est-ce que ça veut dire ?                                                                                                                    Lors d’une des premières répétitions d’OAK, en 1993, le bassiste Giovanni Quarta s’est arrêter de jouer, criant « J’ai le nom du groupe… » et c’était OAK. Quelques jours après, j’ai fait une sorte de rituel ésotérique dans ma chambre. Je ne suis pas un expert, en fait ce n’était qu’une prière pour briser la chaîne des nombreuses tentatives faites, avec tous mes groupes précédents, qui ne duraient que quelques mois. Cette fois, le nom prenait tout son sens et a mené à des années fructueuses… jusqu’au jour où j’ai réalisé que OAK était un nom commun dans les pays anglo-saxons ! Pubs, boutiques, groupes, B & B, ils étaient tous marqués du mot magique « OAK ». Mais il était trop tard pour changer de nom parce que nous avions déjà des fans et que le nom était déposé. Nous avons donc trouvé l’acronyme italien Oscillazioni (Oscillations) Alchemico (Alchimiques) Kreative (Créatives) avec le “K” au lieu du”C”. Le sens exprimé dans ce nouveau mot / formule convient à l’esprit du groupe et nous avons maintenant un nom particulièrement imprononçable (mais très original).

 Combien d’albums avez-vous réalisés, avec ou sans OAK et quels sont-ils ?                                                                                                                                                          J’ai commencé à la fin des années 70 de la new-wave. J’ai ensuite signé un contrat avec une maison de disques au début des années 80. J’ai travaillé sur beaucoup de chansons avec les meilleurs producteurs et deux 45 tours ont été publiés. Très vite, j’ai fait mes débuts dans les charts avec les chansons « We Just » et « Our Revolution » publiées par Rca – Dureco – Ariola – Carrère. Au début des années 90, j’ai débuté l’aventure O.A.K. Sa discographie est: Heresis Strigiatum (1995), Re-Living In The Past (1998), Parallel Dances (2000), Filosofi Senza Libri (2005), Shaman Feet (2011), Viandanze (2016) et Giordano Bruno (2018)

La Progressive n’est pas la seule musique vous écrivez et jouez, n’est-ce pas ?                                                                                                                                                       J’ai toujours essayé de suivre les tendances, même si le prog était ancré dans ma naissance et le sera probablement, jusqu’à la fin, comme dans une sorte de voyage imaginaire au cours des différentes étapes de la vie.

Comment et quand êtes-vous entré dans le Prog Rock ?                                                                                                                                                                                             A treize / quatorze ans, j’ai eu la chance d’avoir le Palaeur (la plus grande salle de la ville) à quelques kilomètres de chez moi. Mes parents m’ont autorisé à assister aux meilleurs concerts de prog du début des années 70, tels que Genesis, Gentle Giant, King Crimson, Yes, Frank Zappa. Ce fut ma première école d’art.

En France, le Prog Rock n’a pas très bonne réputation Comment ça se passe en Italie ?                                                                                                                                      En Italie, nous sommes en train de vivre une renaissance musicale des années 70. Cela signifie que chaque groupe de prog italien, qui a bien vendu, attire maintenant l’attention des collectionneurs. Ce phénomène ne me plaît pas. Même si je fus un auditeur acharné de progressif rock, je n’appartiens pas à la vieille scène italienne et je viens d’une génération différente. En outre, mes héros étaient principalement britanniques. Au début des années 70, beaucoup étaient devenus très célèbres dans mon pays alors qu’ils étaient de parfaits inconnus dans le leur. Je ne sais pas grand-chose de la réputation du prog maintenant car, pour autant que je sois concerné, la musique ne doit pas avoir de limites et de frontières historiques, géographiques et stylistiques. Sa puissance et son sens doivent aller directement au cœur sans aucune préconception. Je me souviens d’un épisode drôle, quand j’ai participé à un grand événement musical qui a eu lieu en 2011. Je suis monté sur scène habillé comme un sibérien grattant ma balalaïka électrifiée et j’ai vu tous ces vieux progueux traditionnalistes assis au premier rang, qui s’étouffaient. C’était tellement drôle !

En tant que musicien jouant différents styles de musique et musicologue respecté, comment considérez-vous la musique prog ?                                                                   Le rock progressif est un genre né à la fin des années soixante des cendres du psychédélique. Ces « restes » ont été capturés par de jeunes compositeurs formés dans des écoles classiques et de jazz. D’autres étaient autodidactes mais très doués d’un point de vue créatif. Cependant, les deux catégories ont été prises en charge massivement par l’industrie de la musique nouvellement née. Des flots d’argent ont été investis dans des productions et des tournées et ont éclairé de nombreux génies du prog. Si nous analysons l’intégralité de la discographie au début des années 70, nous trouvons également des traces de prog sur des enregistrements de groupes ou d’artistes sans rapport avec ce genre. Ils ont juste contribué de leur propre manière à cette nouvelle tendance. Ceci m’amène à la conclusion que le Prog c’est 8 ans de libre arbitre donnés à une génération d’artistes qui ont passé leur jeunesse à jouer et à rêver, totalement en osmose avec un public qui écoutait et rêvait lui aussi.

Êtes-vous d’accord si je vous appelle le Ian Anderson italien ?                                                                                                                                                                             Peut-être ai-je quelque chose en commun avec lui qui peut se rapporter à l’écriture ? Après mon spectacle, en guise d’adieu, je lui ai donné une bouteille de vin rouge de ma ville natale, Solopaca, qui, plutôt que le CD habituel, suscitait un certain intérêt pour lui. À partir de ce moment, il a commencé à me parler très amicalement, peut-être parce que je lui avais enlevé l’embarras de chanter sa chanson de blues « It’s Breaking Me Up » sur cet événement spécial qui, avec sa haute tonalité, est en fait assez bizarre pour la tessiture de M. Anderson.

Ian connaît-il votre travail et est-il un ami proche ?                                                                                                                                                                                              Glenn, Clive et Maart disent de moi que je suis très ouvert sur le plan artistique et que j’écoute beaucoup de styles musicaux. Si c’est vrai, je suis sûr qu’il ne s’intéresse pas à ma musique. Je pense qu’il est trop égocentrique. Je lui ai parlé deux fois et nous avons partagé la même scène à une Convention JT dans le nord de l’Italie en 2008. Il était très gentil et s’est excusé pour avoir refusé de me serrer ma main. Je continuais à le regarder discrètement, alors qu’il se déplaçait du vestiaire d’un côté de la scène d’où, couvert de rideaux, il regardait les performances qui se succédaient sur la scène. Puis, d’une démarche martiale, il est retourné au vestiaire puis de nouveau aux toilettes dans un rituel évident, testé par des milliers de concerts à travers le monde. Cependant, sa rigidité réelle se heurte à son sens de l’humour légendaire.

Comment décririez-vous la musique de Jethro Tull ?                                                                                                                                                                                                   J’ai envie de répondre à cette question de deux manières différentes. Je pourrais décrire JT de manière didactique ou bien parler de ce qui me touche dans sa musique, évoquant des rêves, des souvenirs et des prophéties. Le mélange de folk, de blues et de riffs musclés de guitare, associé à des sonorités progressives apportées par la flûte, rend le Tull unique. Mais des pages et des pages ont déjà été écrites sur cette alchimie sonore et je préfère parler de ce qui ne se voit pas et qui parle du hasard de l’existence. Un coin de rue avec sa lumière qui perce le brouillard, quelques notes simples saisies dans le brouhaha. Une poussière sonore transmise d’un individu à un autre, d’un lieu à un autre, qui nous offre une chance de recommencer sa vie.

Vous rendez parfois hommage à JT. OAK est-il le Musical Box du Tull ?                                                                                                                                                                  En 1998, j’ai joué avec Glenn Cornick et, à une occasion, Clive Bunker nous a rejoints à la batterie. La setlist reposait sur les premières années de JT, avec des chansons de This Was, Stand Up, Benefit et Living In The Past. J’étais totalement absorbé par mon travail sur Anderson que le jour de l’arrivée de Clive, Glenn m’a présenté à lui en disant: « Voici Jerry Cutillo, le clone d’Ian ». Je me suis énervé et j’ai répondu agacé « Je ne suis pas le clone de Ian !!!!! ». Il y a des moments dans notre vie où on sent que quelque chose va naître ou mourir, je veux dire… un amour éternel pourrait devenir un océan d’indifférence, un projet ambitieux pourrait être laissé pour compte. Je faisais de mon mieux pour ressembler à Ian Anderson, mais à ces mots, quelque chose a cassé le sortilège. J’ai compris à quel point cette tentative d’émulation était puérile et inutile.

Quels sont vos 3 albums préférés du Tull et pourquoi ?                                                                                                                                                                                     Aqualung, A Passion Play et Living In The Past. Je prendrais définitivement Aqualung avec moi en cas d’odyssée dans l’espace, sans plus de place pour les autres disques. Le sentiment de solitude subi par les sans-abris dans l’album est sans égal. Il y a donc un sentiment de poésie, de douceur et de colère dans son malheur, ainsi que pour les autres personnages représentés sur les autres chansons. Le même sentiment de solitude que je trouve chez la danseuse de A Passion Play. Un chef-d’œuvre sous-estimé par Chris Welch qui a développé à cette époque une profonde antipathie envers Ian Anderson, finissant par influencer les critiques et les lecteurs du monde entier.

Beaucoup d’anciens membres du JT ont joué sur vos albums. Comment les avez-vous contactés ?                                                                                                               Avant l’avènement des médias sociaux, il y avait un rideau de fer qui séparait les rêves de la réalité. Les relations étaient peut-être plus intenses mais restaient limitées aux lieux d’origine. Cette même interview n’aurait probablement jamais pu avoir lieu s’il n’y avait pas eu de systèmes de communication modernes. Il y a quelques années, l’isolement dictait les décisions de notre vie. Mais aujourd’hui, vous pouvez surmonter votre timidité et vous confronter à d’autres réalités. Mon approche d’anciens membres de JT s’est réalisée à l’occasion de certaines conventions en Italie et en Espagne, mais pour garder des relations et planifier d’autres travaux, Internet fut décisif.

Sur Giordano Bruno, Maartin Allcock est l’un des invités. Parlons de votre collaboration avec lui.                                                                                                                     J’ai rencontré mon ami Maartin Allcock à Barcelone en tant qu’invité de la Jethro Tull Appreciation Society, et nous avons tout de suite sympathisé. Je l’ai invité à jouer avec O.A.K. et il est devenu un invité régulier sur mes spectacles. J’adore son multi-instrumentalisme et j’ai eu la chance d’enregistrer et de jouer avec lui en Angleterre. Il joue ma musique et a enregistré des albums à lui.

Giordano Bruno est un excellent album concept. À mon avis, c’est sans aucun doute le meilleur album de rock progressif de l’année. Comment considères-tu cet album spécial dans ta discographie ?                                                                                                                                                                                                                              Je suis très heureux du travail accompli et flatté des réactions du public et de la presse.

Pourquoi avoir choisi le personnage de Giordano Bruno ? Je ne connaissais pas cet homme avant d’avoir entendu ton album majestueux et je suppose que la plupart des Français ne le connaissent pas non plus.                                                                                                                                                                                                              Sur le Campo de Fiori, il y a une grande statue noire représentant Giordano Bruno, un livre à la main, regardant ses accusateurs avec haine. Il a été brûlé en tant qu’hérétique en 1600 par l’inquisition romaine et j’ai approfondi mes connaissances sur lui chaque année en chantant certaines de ses perles de sagesse sur les albums précédents de OAK. J’ai vécu une sorte de folie avec des visions et des histoires qui lui sont liées. Il a été en fuite toute sa vie et vit dans nombre de mes chansons. Il dégage une présence agressive et théâtrale sur scène à travers le multi-instrumentiste que je suis. Il est le génie et je ne suis qu’un érudit. Il a beaucoup voyagé, nous a montré toutes ses compétences et son potentiel : l’art de la mémoire, de nombreuses connaissances scientifiques et astronomiques, sa capacité de voyager dans le temps, la ventriloquie et le multilinguisme. Il a rencontré des rois et les dignitaires du jour (comme Henri III, roi de France, la reine d’Angleterre, Shakespeare…).

Giordano Bruno est un double vinyle + CD avec une superbe pochette d’Ed Unitsky. Le CD ne peut être vendu seul. Pourquoi cette décision ?                                        C’est une œuvre d’art ! Mon idée était d’impliquer Ed dans le projet car Monsieur Unitsky est le créateur numéro 1 pour la musique prog. Il est le Roger Dean ou le Paul Whitehead du nouveau siècle et je voulais qu’il fasse partie de l’équipe exceptionnelle de mon projet. La crème des artistes contemporains réunis pour envelopper les rêves de Giordano Bruno. J’ai signé le contrat concernant Giordano Bruno avec Iaia De Capitani (épouse de Franz Di Cioccio, batteur de PFM). Son label se nomme Immaginifica by Aereostella et ça a été son choix de publier l’album en vinyle (avec CD inclus).

Trois grands artistes bien connus sont invités sur l’album : Sonya Kristina de Curved Air, Richard Sinclair de Caravan et David Jackson de VDGG. Pourquoi eux ?       Je voulais prioritairement David Jackson. Je travaille avec lui depuis quelques années et Dave est l’un de mes musiciens préférés. Son travail avec VDGG a été absolument génial ! C’est un artiste qui regarde au-delà de toute frontière musicale. J’ai fait le choix, pour mon album, d’interdire toute guitare électrique (à part le son de guitare ebow… vous connaissez ce type de bruit « frippertronique » que j’utilise sur certains morceaux). Quoi qu’il en soit, pour combler le manque d’accords lourds, j’ai opté pour les doubles sax de David, le style qu’il a hérité de Roland Kirk. C’est un mur de son (en fait, deux saxophones joués en même temps) et ils ont un grand impact, le seul moyen de rivaliser avec une guitare électrique déformée. Le second choix était Richard Sinclair. J’ai fait quelques concerts avec lui par le passé et c’était amusant. Il est venu chez moi et nous avons passé trois jours sur une chanson que j’ai écrite pour nos voix et son style de basse. « Dreams of Mandragora » est une chanson délicate et délicieuse où il chante comme un enfant de chœur. Vous devez l’écouter et faire attention aux paroles ! Il raconte une histoire amusante de Giordano Bruno hypnotisant tous les convives d’un banquet à Londres. Sonja Kristina avait déjà joué avec O.A.K. au Demons of Prog en 2012 (évènement annuel pour Halloween organisé à Rome par CraftyArtVenture, NdRc) et j’aime beaucoup son style. J’ai envoyé la première démo de « Diana / Morgana », elle a aimé et a admirablement chanté les vers avec moi. Il ne faut pas non plus oublier les vocalises de Valentina Ciaffaglione et Jenny Sorrenti qui chante sur « Wittenberger Fuchstanz » un texte de Gerlinde Roth. Les invités sont trop nombreux pour être mentionnés mais je les remercie tous très chaleureusement.

Les avez-vous rencontrés ou ont-ils travaillé à distance dans leurs propres studios ?                                                                                                                                         David Jackson est venu à Leontica au studio de l’avenue Sound de Marco Viale en Suisse et quand je lui ai demandé de jouer des doubles sax il a dit: « Ok, je rappelle mes démons ! ». Richard Sinclair est venu dans mon home studio à Rome et nous avons passé trois jours à répéter, puis nous sommes allés au Re.Fo. studio de Daniele Nuzzo pour chanter nos parties vocales. Sonja a enregistré à Londres et m’a envoyé le fichier mais c’était une performance parfaite. Aucune erreur et c’était juste ce que j’avais en tête. J’ai toujours eu des sentiments particuliers pour tous les trois et c’est pourquoi ils étaient dans le projet et je suis persuadé qu’ils seront encore présents sur les prochains albums.

Envisages-tu de jouer Giordano Bruno en live ?                                                                                                                                                                                                         Nous avons fait nos débuts le 18 février avec David Jackson et maintenant nous allons jouer Giordano Bruno le 29 septembre avec Richard Sinclair (au festival gratuit Progressivamente du 26 au 30 septembre 2018 organisé par Guido Bellachioma de Prog Italia à Rome, NdRc)

Est-ce que OAK est un groupe permanent ou est-ce seulement vous avec des invités ?                                                                                                                                   OAK est un noyau à géométrie variable de musiciens qui croient encore aux contes de fées.

Le concept Giordano Bruno utilise 3 langues : italien, anglais, allemand. Pourquoi ?                                                                                                                                           J’ai essayé de recréer l’ambiance des lieux visités par Giordano Bruno et de raconter ses expériences surréalistes. Sur « Liber in Tiberi », je chante aussi en latin, tandis que sur la couverture, vous pouvez également trouver une traduction en japonais.

La musique est très symphonique mais aussi folk avec toutes les flûtes et tous les instruments acoustiques que vous utilisez…                                                                Sur ce disque, je chante et je joue de la flûte, des guitares acoustiques, des mandolines, des claviers tels que mellotron, orgue, piano et synthétiseur (Yamaha CS30), la basse et… des Tubular Beeeeelllssss !!!!

Quels sont vos projets futurs ?                                                                                                                                                                                                                                      Un nouvel album bientôt, à propos des neuf sorcières de Maleontum.

Un dernier mot ?                                                                                                                                                                                                                                                                 Une chanson ne peut pas changer le monde, mais deux oui ! Merci mes amis. Prog on!

Merci à Jerry pour sa gentillesse et sa prolixité. Vous aussi, découvrez sans plus attendre le double-vinyle, accompagné du CD de OAK Giordano Bruno. Une œuvre d’art à part, de la musique jusqu’à la pochette, en passant par des textes chantés alternativement en quatre langues (italien, anglais, allemand et… latin). Avec un David Jackson (VDGG) omniprésent aux sax, Maartin Allcock (Jethro Tull, Fairport Convention) aux instruments divers, David Sinclair (Caravan), Sonya Kristina (Curved Air) au chant… Et bien sûr, Jerry Cutillo (chant, cordes frottées diverses et variées, mellotron, flûte endiablée) !! Un must…