O.A.K. Jerry Cutillo “Giordano Bruno” – KOID9 french prog magazine (august 2018) by Cousin Hub

(Immaginifica by Aereostella)

èvaluation : (5/5)

Attention, chef d’oeuvre ! O.A.K est le projet d’un seul homme, le multi-instrumentiste transalpin (il nous vient de Rome) Jerry Cutillo, très connu en son pays où il compose des musiques pour la télévision. Il est par ailleurs un musicologue respecté, spécialisé dans les musiques ethniques.  Jerry a créé O.A.K en 1993 et Giordano Bruno est aujourd’hui son neuvième album.  Jerry voue un culte sans faille à Ian Anderson, son modèle : comme lui, il chante, joue de la flûte, toutes sortes de guitares, balalaika, basse, mandoline et Tubular Bell. Il donne régulièrement des concerts tribute à Jethro Tull. A noter qu’en 2011, O.A.K a même produit Re Living In The Past, une compile de 7 titres fétiches du Tull. Plusieurs anciens membres de la formation figurent d’ailleurs  au casting de ses albums (Cornick, Conway, Allcock, Noyce…). Cette fois, c’est le musicien chevronné  Maartin Allcock (basse, claviers, guitares mais aussi violon),  cheville ouvrière de Fairport Convention et collaborateur épisodique du Tull, qui assiste Jerry Cutillo. Mais il n’est pas le seul puisque l’on retrouve David Jackson, le saxophoniste de Van Der Graaf Generator tout au long de l’album par ses soli et riffs typiques. On a également le plaisir d’entendre la voix de Sonja Kristina (Curved Air) sur un titre et celle de Richard Sinclair sur un autre. Plein d’autres musiciens complètent le casting généreux de ce que l’on peut assimiler à un ambitieux Opéra Prog. Si Jethro Tull est bien évidemment une influence majeure de Giordano Bruno, du fait du jeu de flûte caractéristique de Cutillo, il serait injuste de considérer cet album magnifique comme un simple plagiat des œuvres de l’échassier britannique. Nettement plus symphonique que les albums les plus construits et instrumentés du Tull, Giordano Bruno résume à lui tout seul 50 ans de rock progressif italien, britannique et germanique, dans ce qu’il a de plus fouillé et grandiose. Si l’italien est la langue principale chantée ici, quelques morceaux sont également interprétés en anglais (on imagine mal Kristina et Sinclair vocaliser en italien) et même en allemand ! Toute cette mise en scène au profit d’un personnage, Giordano Bruno dont cet album retrace la vie. Moine Dominicain et philosophe de la Renaissance, Bruno avait, sur la base des travaux de Copernic, développé l’héliocentrisme, théorie physique qui place le soleil au centre de l’univers. Il avait aussi proclamé que Jésus n’était pas Dieu, mais un simple « mage habile » (oups). Il croyait également à la réincarnation (diantre !) et au salut de Satan. Bigre !  Avec tout cela, il ne risquait pas de faire de vieux os : au terme de 8 ans de procès pour hérésie, il a fini sa vie, nu sur le bûcher, la langue clouée sur un mors de bois pour le réduire au silence. En effet, jamais il n’a voulu se rétracter, même sur demande impérieuse du pape : « je ne recule point devant le trépas et mon cœur ne se soumettra à nul mortel… Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n’y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j’aurais à rétracter ». En Italie, Giordano Bruno, dont une statue a été érigée en 1889 sur le lieu de son supplice, à deux pas du Vatican, est le symbole de la libre pensée. Chaque année, le 17 février une foule de sympathisants se réunit devant elle pour le célébrer . Maintenant, un excellent album de rock progressif, orné d’une magnifique pochette d’Ed Unitsky,  lui est dédié. Achat impératif, vous l’aurez compris…

èvaluation : (5/5)

English translation

Attention, masterpiece! O.A.K is the project of a single man, the multi-instrumentalist transalpine (he comes from Rome) Jerry Cutillo, well known in his country where he composes music for television. He is also a respected musicologist, specializing in ethnic music. Jerry premiered O.A.K in 1993 and Giordano Bruno is now his ninth album. Jerry devotes an unfailing cult to Ian Anderson, his model: like him, he sings, plays the flute, all kinds of guitars, balalaika, bass, mandolin and Tubular Bell. He regularly gives tribute concerts to Jethro Tull. Note that in 2011, O.A.K has even produced Re Living In The Past, a compilation of 7 fetish titles from Tull. Several former members of the band appear in the cast of his albums (Cornick, Conway, Allcock, Noyce …). This time, it is the veteran musician Maartin Allcock (bass, keyboards, guitars but also violin), linchpin of Fairport Convention and episodic collaborator of Tull, who assists Jerry Cutillo. But he is not the only one since we find David Jackson, the saxophonist of Van Der Graaf Generator throughout the album by his solos and typical riffs. We also enjoy the voice of Sonja Kristina (Curved Air) on one title and that of Richard Sinclair on another. Many other musicians complete the generous cast of what can be likened to an ambitious Opera Prog. If Jethro Tull is obviously a major influence of Giordano Bruno, because of Cutillo’s characteristic flute playing, it would be unfair to regard this magnificent album as a mere plagiarism of the works of the British wader. Distinctly more symphonic than the most constructed and instrumented albums of the Tull, Giordano Bruno sums up all alone 50 years of progressive rock Italian, British and Germanic, in what he has more excavated and grandiose. If Italian is the main language sung here, some songs are also played in English (it’s hard to imagine Kristina and Sinclair vocalizing in Italian) and even in German! All this staging for the benefit of a character, Giordano Bruno, this album traces the life. A Dominican monk and a Renaissance philosopher, Bruno had, on the basis of Copernicus’ work, developed heliocentrism, a physical theory that places the sun at the center of the universe. He had also proclaimed that Jesus was not God, but a simple “clever mage” (oops). He also believed in reincarnation (diantre!) And in the salvation of Satan. Bigre! With all this, he was not risking old bones: after 8 years of trial for heresy, he finished his life, naked at the stake, the tongue nailed on a bit of wood to silence him. Indeed, he never wanted to retract, even at the imperious request of the pope: “I do not retreat from death and my heart will not submit to any mortal … I fear nothing and I do not retract anything, it does not matter. there is nothing to retract and I do not know what I would have to retract. In Italy, Giordano Bruno, whose statue was erected in 1889 on the scene of his execution, close to the Vatican, is the symbol of free thought. Every year, on February 17, a crowd of supporters gather in front of her to celebrate. Now, an excellent progressive rock album, adorned with a beautiful Ed Unitsky cover, is dedicated to him. Imperative purchase, you’ll understand …

5 points (5)

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